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Contrairement aux idées reçues, les yaourts allégés aux fruits contiennent plus de sucre que les yaourts aromatisés.
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La vedette de l'allégé, c'est bien sûr le yaourt. Ce segment représente aujourd'hui 14 % de ventes de produits laitiers.
Alors qu'un yaourt aux fruits "classique" compte 110 à 130 calories, le yaourt allégé ne fait que 55 calories en moyenne.
A priori, fabriquer un yaourt n'est pas très compliqué. Erreur. "Si vous mélangez uniquement du lait et des fruits, votre
yaourt sera horriblement acide et immangeable" explique Arnaud Leroux, chef de produits pour la marque Sveltesse. En effet, la matière grasse apporte l'onctuosité et le sucre compense
l'acidité des fruits.
Haro sur la matière grasse et le sucre
Les yaourts allégés sont d'abord fabriqués avec du lait entier (3,6 % de matière grasse), plutôt que du lait écrémé
(0,5 % de matière grasse). Mais pour garder la texture intacte, on ajoute des agents épaississants : des protéines de lait, de la gélatine, de la farine de manioc ou des carraghénanes
(un extrait d'algue).
Autre possibilité : modifier le "mix fermentaire". Certaines bactéries comme le bifidus ont en effet un pouvoir gélifiant et
épaississant. Dans les crèmes dessert type Taillefine, on peut aussi utiliser de l'inuline, une fibre extraite de la chicorée et non digestible par l'intestin. Le plus souvent, les industriels
ont recours à un mélange, selon la texture et la recette désirée.
Après la matière grasse, les desserts ont été allégés en sucre. Là encore, ce sont les édulcorants qui le remplacent. On ajoute parfois des arômes, car le sucre a aussi un rôle de réhausseur de
goût pour les fruits.
Supprimer les fruits
Après tout ça, il est difficile d'enlever encore quelque chose. "Dans les 50 calories d'un yaourt allégé, il reste
80 % de protéines de lait et le sucre naturel des fruits" explique Arnaud Leroux. La ruse consiste alors à proposer des yaourts… sans fruits. Sveltesse a ainsi lancé une gamme "Ferme et
fondant", des yaourts aromatisés au chocolat ou au litchi.
Le light concurrencé par les yaourts "santé"
Au final, les consommateurs y retrouvent-ils leur compte ? "D'après les tests en aveugle que nous effectuons, on note un
léger écart entre le produit normal et le produit allégé, en particulier sur la partie texture", observe Arnaud Leroux. "Mais cet écart a tendance à se
réduire".
Les marques ont intérêt à se dépêcher, car le light n'a plus trop la côte : il subit de plein fouet la concurrence des yaourts
"santé" : au bifidus, au soja, anti-cholestérol, etc… Des produits qui n'ont pourtant rien d'allégé : le yaourt à la mangue d'Activia compte par exemple 135 calories, contre 67 calories pour la
version allégée de Yoplait.